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Ecobank prépare des paiements plus rapides et moins coûteux entre le Togo et la Chine grâce au système CIPS

Ecobank prépare des paiements plus rapides et moins coûteux entre le Togo et la Chine grâce au système CIPS

La Rédaction·5 novembre 2026 à 07:21·3 min de lecture

Les entreprises togolaises qui importent des marchandises depuis la Chine pourraient bientôt bénéficier de transferts bancaires plus rapides et moins coûteux. Le groupe Ecobank prépare une connexion au Cross-Border Interbank Payment System (CIPS), le système chinois de paiements interbancaires transfrontaliers. L’objectif est de simplifier les transactions entre les deux marchés en réduisant le nombre d’intermédiaires bancaires et les opérations de change.

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Cette orientation a été présentée par Estelle Fafa Akue-Komlan, directrice générale d’Ecobank Togo, dans un entretien accordé à Togo First. Le groupe bancaire panafricain a signé un protocole d’accord avec CIPS le 10 octobre 2026 à Pékin.

Pour les importateurs togolais, cette évolution pourrait modifier la manière de régler leurs fournisseurs chinois. Aujourd’hui, un transfert entre le franc CFA et la monnaie chinoise, le renminbi, peut passer par plusieurs banques correspondantes et deux opérations de change successives : du franc CFA vers le dollar, puis du dollar vers le renminbi. Chaque étape peut entraîner des frais supplémentaires et allonger le délai de traitement.

Des transferts qui pourraient passer de plusieurs jours à quelques heures

Avec cette connexion, Ecobank souhaite permettre à ses clients d’effectuer directement des paiements en renminbi, sans multiplier les intermédiaires. Selon Estelle Komlan, une transaction qui prend actuellement deux ou trois jours pourrait être exécutée dans un délai plus court.

La dirigeante évoque notamment le cas d’un importateur qui passe un ordre de paiement le matin et dont le fournisseur chinois pourrait recevoir les fonds dans la journée. Ce gain de temps permettrait au fournisseur d’engager plus rapidement l’expédition de la marchandise. La réduction des coûts repose sur trois leviers : limiter les opérations de change, réduire les frais facturés par les banques correspondantes et raccourcir les délais de transfert. Ecobank n’a toutefois pas encore communiqué de grille tarifaire pour ce futur service.

Les PME et les petits importateurs également concernés

Le projet ne vise pas uniquement les grandes entreprises. Estelle Komlan affirme que le service a vocation à être accessible à l’ensemble des clients de la banque, avec une attention particulière accordée aux petites et moyennes entreprises (PME).

Cette orientation concerne directement les commerçants et les entrepreneurs qui s’approvisionnent régulièrement en Chine. Pour ces acteurs, les frais de transfert et les délais de règlement peuvent peser sur les coûts d’approvisionnement et la gestion de trésorerie. Le groupe prévoit de déployer progressivement cette connexion dans ses 34 marchés africains. Le calendrier dépendra notamment de la demande de paiements en monnaie chinoise, du potentiel commercial de chaque pays et des capacités techniques des filiales.

Au Togo, le port de Lomé représente un atout dans cette stratégie. Une partie des marchandises qui y arrivent est destinée à des pays de l’hinterland, notamment le Burkina Faso, le Mali et le Niger. Grâce à sa présence dans plusieurs de ces marchés, Ecobank entend accompagner les flux commerciaux au-delà des frontières nationales.

Un projet encore soumis à un déploiement progressif

Malgré les perspectives annoncées, le service n’est pas encore disponible pour les clients togolais. Le protocole signé avec CIPS constitue une première étape. L’intégration technique et le déploiement commercial doivent encore être organisés progressivement. La banque n’a pas communiqué de date précise pour les premières transactions.

Ecobank précise également que cette connexion ne vise pas à contourner les règles de change en vigueur dans l’espace UEMOA. Les opérations resteront soumises aux exigences réglementaires, notamment celles relatives à la traçabilité des transferts et à la lutte contre le blanchiment de capitaux. À terme, Ecobank souhaite permettre à ses clients d’initier leurs paiements depuis une agence ou sa plateforme digitale Omni, en utilisant leur compte en monnaie locale pour régler un bénéficiaire en renminbis.

Pour les entreprises togolaises qui commercent avec la Chine, l’intérêt de cette évolution dépendra donc de sa mise en œuvre effective, des frais appliqués et de la rapidité réelle des transferts. Le projet pourrait constituer une nouvelle solution pour faciliter les échanges commerciaux entre les deux pays.

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